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Paris,
L'Elysée Montmartre, 29 septembre 2003
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Dans
lexpectative, le public composite qui ce soir-là remplissait
la salle de lElysée Montmartre ne sattendait de toute
évidence pas à une telle entrée en matière.
Annoncée en dernière minute en remplacement de LYCOSIA
initialement prévu, la première partie de la soirée
fut en effet assurée par la formation tchèque CECHOMOR,
dernier coup de cur en date de Jaz Coleman, qui a décidé
den être le producteur suite à son récent
et fructueux séjour prolongé dans ce pays.
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1ère
partie : CECHOMOR
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| CECHOMOR pratique
une combinaison pour le moins atypique de rock et de musique traditionnelle,
soutenue par de nombreux apports de violon aux accents de Bohême,
lesquels confèrent à lensemble une saveur fortement
empreinte de folklore est-européen. Diversement appréciée
de par son originalité et son caractère pour le moins inattendu,
la prestation de ce groupe ne manqua pas, néanmoins, de dévoiler
un potentiel créatif sans aucun doute très prometteur dans
son créneau musical.
Au terme de cette intéressante représentation, sabattit soudain sur latmosphère régnant dans la salle une tension très palpable, une tension lourde présageant lapparition sur scène de ceux que tous attendaient... |
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CECHOMOR
(Photos : Richter) |
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KILLING
JOKE : la prestation
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| Lévénement
tant espéré se produisit enfin : sur fond dune nappe
sonore éthérée en forme dintro, salués
par les clameurs de la foule, les membres de KILLING JOKE dont Jaz, le
visage peinturluré de maquillages tribaux, encapuchonné
et revêtu dune sorte de robe chamanique noire ornée
dune représentation de la Grande Araignée de Nazca,
firent tout à coup leur entrée. Et aussitôt retentirent,
portées par un son énorme, les premières mesures
puissamment rythmées de "Communion". On
ne pouvait rêver dun choix plus adapté, car cest
bel et bien de communion dont il sagit. Communion totale entre le
groupe et son public de fans endurcis, gagnés tous deux par une
frénésie tribale communicative et dessence mystique.
Les concerts de KILLING JOKE ont maintes fois été comparés
à de grandes cérémonies païennes, et ce fut
vrai ce soir-là comme ce le fut toujours auparavant.
Cette fois, aucun artifice, pas deffets visuels ni de projections lumineuses multicolores comme ce fut le cas lors de leur inoubliable passage à lElysée Montmartre lors de la tournée Pandemonium, en 1994. Rien de tout ceci, non. Juste la présence brute et captivante dune énergie ravageuse se suffisant à elle-même, et porteuse dune indicible charge émotive. A la guitare, léternel et incontournable Geordie, pourvoyeur de sonorités si personnelles et dune précision imparable. A la basse, le talentueux Paul Raven, dont on savoure enfin le retour très remarqué au sein du line up. A la batterie, lexcellent Ted Parsons, ex-PRONG, qui sait remarquablement bien restituer la rythmique puissante et tribale si caractéristique de KILLING JOKE. Au clavier, diffusant des nappes sonores iréelles et envoûtantes du meilleur effet, Nick Walker. Et sur tout ceci vient se greffer la voix inimitable dun Jaz Coleman très remonté, aux attitudes et aux mimiques grimaçantes, comme véritablement possédé sous laction de forces mystérieuses. Les tubes senchaînent,
proprement foudroyants de par leur puissance. Des titres issus bien
sûr du nouvel album, comme "Total
Invasion",
"Blood
on your Hands",
"Loose
Cannon",
"Seeing
Red", le
très puissant "Death
and Ressurection Show",
ou comme le supersonique "Asteroid".
Mais aussi des titres mythiques de leur ancien répertoire, issus
de périodes aussi prestigieuses que celles du premier album ("Requiem",
"Wardance",
"The Wait",
"Change",
"Psyche"),
de "Whats THIS For... !" ("The
Fall of Because",
"Tension"),
de "Revelations" ("Empire
Song"),
de "Fire Dances" ("Frenzy").
Malgré la représentation quasi-inexistante de certaines
autres périodes musicales du groupe dans cette playlist, il convient
de souligner que contre toute attente, un morceau de la période
"Night Time" a tout de même été
joué : le très incisif et très entraînant
"Kings
and Queens".
Outre "Communion",
dautres titres de la période "Pandemonium"
sont joués de façon très efficace, comme lhypnotique
et surpuissant "Whiteout",
ou comme le morceau "Pandemonium"
qui viendra brillamment clore le show, agrémenté de façon
très convaincante par le violon de CECHOMOR ! |
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Jaz
Coleman
(Photo: Richter) |
Geordie
Walker
(Photo: Richter) |
Jaz
Coleman
(Photo: Richter) |
| Puis, les meilleures
choses ayant toujours hélas ! - une fin, vint le moment
pénible, où les amplis se turent, où les lumières
des spots séteignirent, où celles de la salle se rallumèrent,
et où le public commença progressivement à évacuer
les lieux. Après bien des péripéties, une longue
attente, et des complications que lon aurait pu croire insurmontables
jusquà la dernière minute, des passes finirent miraculeusement
par être obtenus (un grand merci au passage à lami
Richter pour son aide infiniment précieuse !), et se présenta
alors loccasion rarissime dapprocher les membres du groupe.
En backstage, laccueil fut plus que chaleureux, Paul Raven se montra
vraiment fort sympathique, Geordie dune humeur plutôt facétieuse,
et lon y retrouva un Jaz décontracté et très
amical, disposé à accorder pas moins dune heure de
son temps pour un entretien des plus plaisants, le tout en comité
très restreint. Des instants magiques qui demeureront des souvenirs
inoubliables, sans aucune déception, bien au contraire !
Bien évidemment, celles et ceux qui étaient venus dans lespoir de voir KILLING JOKE renouer avec sa période New Wave aux sonorités plus soft, celles et ceux qui espéraient les voir jouer "Love Like Blood", ce fameux tube interplanétaire, ingrédient indispensable de toutes les soirées goths dancefloor, en auront été pour leurs frais... Mais les fans confirmés, ceux qui sétaient déplacés pour voir le groupe dans toute la force de son authenticité, effectuant un retour très réussi à ses racines punks, à lénergie brute, à la rigidité métallique, et à la rage assombrie et plombée de ses débuts, auront été comblés. En conclusion, on pourra
donc dire que cette nouvelle prestation fort réussie à
lElysée Montmartre, date unique en France dans le cadre
dune grande tournée internationale, témoigne dune
véritable renaissance après sept longues années
de silence pesant. Une renaissance qui confirme si besoin était
que nombre de formations actuelles faisant montre dune vanité
exacerbée soutiennent en fait bien mal la comparaison avec ces
monstres sacrés... En 2003, KILLING JOKE nous revient donc plus
vivant que jamais, au meilleur de sa forme, et peut toujours revendiquer
en toute légitimité la fière devise latine qui,
en 1990, figurait au dos de la pochette d "Extremities"
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Paul
Raven
(Photo: Richter) |
Jaz
Coleman
(Photo: Richter) |
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| Pour visionner davantage de photos de ce concert (toutes signées Richter), cliquez ici | ||